Tequila's Secrets

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jeudi 31 mai 2007

Les Piliers de la Terre (Pillars of the Earth) par Ken Follett

Un fabuleux roman, situé en Angleterre, au Moyen-Age... le sous-titre de ma version est "the epic saga of love, passion and revenge"... l'histoire débute en 1123 par une pendaison et se termine un demi-siècle plus tard par le châtiment du Roi Henri pour l'assassinat de Thomas Beckett.

Au fil de l'agrandissement d'un village et de la construction d'une cathédrale, nous suivons les vies d'un échantillon de la population de l'époque... ouvriers, ecclésiastiques, marchands, nobles. Qu'ils soient riches, pauvres, bien ou mal intentionnés, bons ou mauvais.

Outre le fait que ce livre soit superbement documenté (Ken Follett décrit avec une incroyable justesse l'érection de la cathédrale, la prouesse technique, les métiers, les moyens, le savoir-faire) et placé dans un contexte historique juste, ce qui en fait la force, c'est le soin qui a été apporté aux personnages, et évidemment son histoire. Cette sublime saga d'amour et de haine est portée par une énigme qui grandit au fil des pages jusqu'à devenir une affaire d'état.

Mais plus important encore, chaque chapitre apporte son lot de misères, de bonheurs, d'incertitudes, d'espoir, d'horreurs, de compromis... et à chaque péripétie, l'on se demande s'ils ont enfin fini de souffrir. Parce que la justice n'existe que pour ceux qui ont les moyens de l'acheter. Le Roi n'écoute que ses courtisans et ne fait que ce qui sert ses intérêts. Les nobles ne pensent qu'à leur prestige. Le clergé a soif de pouvoir. Les viols, les meurtres, les vols, les actes criminels sont monnaie courante. Mourir de faim ou de froid également. La loi du plus fort l'emporte souvent.

jeudi 24 mai 2007

Casino Royale de Ian Fleming

Déjà, dés les premières lignes, on sent que le livre n'est pas tout jeune: (1) parce que la devise est l'ancien franc, et (2) parce que les féministes ont tout de même bien fait bouger les choses. Je ne vais pas écrire que je me suis indignée en lisant certains propos de James, mais il y aurait à redire!

"Women were for recreation. On a job, they got in the way and fogged things up with sex and hurt feelings and all the emotional baggage they carried around. One had to look out for them and take care of them."

"He was quite honest to himself about the hypocrisy of his attitude towards her. As a woman, he wanted to sleep with her, but only when the job had been done."

"He gazed for a moment into the mirror and wondered about Vesper's morals. He wanted her cold and arrogant body. He wanted to see tears and desire in her remote blue eyes and to take the ropes of her black hair in his hands and bend her long body back under his."


Ensuite, c'est bel et bien le premier opus des aventures de Bond. On y découvre de quelle manière il a obtenu son "00", son permis de tuer. On y découvre aussi la recette de son cocktail favori.

" 'Three measures of Gordon's, one of Vodka, half a measure of Kina Lillet. Shake it very well until it's ice-cold, then add a large thin slice of lemon-peel. Got it?'
'Certainly, Monsieur.' The barman seemed pleased with the idea.
'Gosh, that's certainly a drink' said Leiter.
Bond laughted. 'When I'm ... er... concentrating,' he explained, 'I never have more than one drink before dinner. But I do like that one to be large and very strong and very cold, and very well-made. I hate small portions of anything, particularly when they taste bad. This drink's my own invention. I'm going to patent it when I can think of a good name.'
He watched carefully as the deep glass became frosted with the pale golden drink, slightly aerated by the bruising of the shaker."


Et enfin, c'est vrai que le film Casino Royale reprend intégralement certaines scènes du livre, en particulier l'air des bijoux, mais aussi la convalescence... et que la demoiselle (agent double forcée pour sauver la peau de celui qu'elle aime) se suicide.

Par contre, pas de camp de rebelle (et pour cause, les méchants sont encore les Russes en cette période de guerre froide), pas d'Afrique, pas de Caraïbes, pas non plus de Venise. Le livre débute alors que James est déjà au Casino, prêt à jouer contre Le Chiffre. Pas d'Aston Martin, James roule dans une puissante Bentley, qui lui appartient et qu'il bichonne amoureusement depuis 10 ans. Et c'est au Baccarat que se jouent les millions au Casino. Très traditionellement, c'est une sorte de parapluie hongrois qui manque de peu James alors qu'il est dans sa période de chance au jeu... et un tapis à pointes métalliques déroulé depuis la voiture des bandits (et ré-enroulé ensuite, c'est de la haute technologie!) qui envoie la Bentley de James dans le décor.

Mais pour moi, la plus grosse différence, c'est quand même l'attitude de Bond envers Vesper. Le film est diablement plus romantique. Parce que si dans le livre Bond est prêt à démissionner (parce qu'il a eu les foins de perdre sa virilité) et même s'il demande Vesper en mariage, jamais il ne se dit amoureux d'elle. Et quand il découvre qu'elle est un agent double, dans une lettre qu'elle lui laisse pour expliquer son geste, il ne la voit plus qu'en temps qu'espion, et relègue aux oubliettes ce qu'ils ont partagé. Lorsqu'il parle d'elle, c'est avec le terme "bitch". Un homme charmant, vraiment ;)

Voir ma critique du film.

mardi 22 mai 2007

State of Fear par Michael Crichton

Bizarrement, bien que ce Crichton-là traite d'éco-terrorisme, et soit donc à priori plus crédible que le voyage dans le temps, la naissance de dinosaures ou les essaims de mini-robots qui se reproduisent, je l'ai trouvé plus tiré par les cheveux. Comme quoi, faut pas se fier aux apparences.

On a donc un mécène qui se rend compte que son argent généreusement donné à une organisation pour la sauvegarde de l'environnement est peut être mal employé. Ledit millionnaire arrête de signer les chèques et s'ensuit une course contre la montre, ou plutôt contre les élèments, pour stopper des catastrophes écologiques à l'échelle de la planète. Dommage que nos héros soit si infatiguables, cela nuit un chouia à la crédibilité.

Cela reste du bon Crichton, avec du suspense et des rebondissements à foison, et extrèmement bien documenté sur le sujet du réchauffement de la planète. Si vous n'y êtes pas allergique, foncez!

Je ne sais pas comment elle fait (I don't know how she does it) de Allison Pearson

... voilà un livre que j'ai adoré... à conseiller fortement aux mamans qui travaillent et qui essaient, malgré tout, d'être la meilleure maman du monde.

C'est un livre drôle, la vie au jour le jour d'une femme qui aurait besoin de journées d'au moins trente heures, ou d'apprendre à se passer de sommeil. D'une femme qui a chaque jour une liste longue comme le bras de choses URGENTES! et INDISPENSABLES! à faire pour son bien-être, pour celui de ses enfants, de son mari, et qui se bat pour en plus conserver son travail dans un milieu machiste. Une femme qui doit gèrer l'égo de sa baby-sitter, ménager celui de son mari qui ne fait pas bouillir la casserole, composer avec celui de ses collègues, et oublier le sien. Une femme à qui l'on dit sans arrêt de ralentir, d'en faire moins, mais qui a le sentiment que si elle le fait, la terre arrêtera de tourner, parce que non, les autres ne font pas la moitié de ce qu'ils devraient faire. Une femme qui n'a pas envie de faire des compromis, ni d'abandonner son exigence de perfection. Certains passages sont terriblement tristes, lorsque parfois Kate se décourage ou ouvre les yeux sur sa vie de mère et de femme.

Notre héroïne va lever le pied, mais je vous laisse découvrir comment. La fin est pleine d'espoir, inattendue, souriante. J'ai eu envie de lui faire un clin d'oeil et de lui dire que j'étais heureuse pour elle.

Je ne résiste pas à vous livrer cet extrait de la dernière de couverture de l'édition que j'ai sous les yeux: "Avant même d'être assez grande pour comprendre ce qu'être une femme voulait dire, j'avais déjà compris que le monde des femmes était divisé en deux : il y avait les mères convenables, qui se sacrifiaient à la pâtisserie des tartes aux pommes, vigilantes et impeccables prêtresses de la machine à laver et de l'essoreuse, et il y avait les autres. A l'âge de trente-cinq ans, je sais exactement à quel groupe j'appartiens, et je suppose que c'est pourquoi, en ce petit matin du 13 décembre, je suis en train de frapper des tartelettes aux fruits confits avec un rouleau à pâtisserie pour les faire ressembler à celles que faisait ma mère. Avant, les femmes avaient le temps de faire des tartelettes et étaient obligées de simuler leurs orgasmes. Aujourd'hui, nous réussissons les orgasmes mais nous sommes obligées de simuler les tartelettes. "

The devil wears Prada (Le Diable s'habille en Prada) de Lauren Weisberger

Bon, je suppose que tout le monde a entendu parler du film avec Meryl Streep et Anne Hathaway... p'têt même que vous l'avez vu, mais ce n'est pas mon cas. Fidèle à l'adage qui dit qu'un film n'est jamais aussi bon que le livre dont il est issu, je viens de le lire...et je suis un petit peu déçue. Oh, le livre n'est pas mauvais en soi, mon souci, c'est qu'il est un copier/coller, ou presque, d'un autre livre de la jolie Lauren Weisberger, "Everyone Worth Knowing" ("People or not People").

Prenez une demoiselle bien éduquée, qui travaille dur, et qui a des valeurs. Jetez-la dans un milieu où l'argent, le sexe, et l'alcool coulent à flots. Faites-la travailler 20 heures sur 24. Tournez-lui la tête en lui faisant cotoyer des célébrités. Obligez-la à délaisser ses amis, sa famille, son petit ami si elle en a un. Renouvelez-lui sa garde-robe. Laissez macérer quelques mois. Assénez-lui un grand coup sur la tête (amie alcoolique dans le coma, collègues égocentriques et manipulateurs, pression insupportable) afin qu'elle ouvre les yeux, plaque tout, et se retrouve enfin.

L'action des deux bouquins se déroule à Manhattan, l'un dans les relations publiques, l'autre dans la mode. Evidemment les deux héroïnes sont légèrement différentes. L'une a un ami et une colocataire, l'autre un petit ami et une colocataire. L'une lit des romans harlequins tandis que l'autre voudrait écrire pour "The New Yorker". Par contre, elles exercent toutes les deux le même métier au final... je vous laisse deviner lequel!

Bref. Ces deux livres sont de bons divertissements, construits sur un bon rythme, plutôt drôles, et bourrés de référence sympathiques à Manhattan. Et si vous avez de l'argent à jeter par les fenêtres, notez les adresses des restaurants, boutiques et night-clubs.

PS: "Everyone worth knowing" est moins caustique que "The devil wears Prada"... plus drôle, tout simplement.

ERRORE: Non riesco a connttermi a MySQL! Controllare config.php .