Tequila's Secrets

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mercredi 20 juin 2007

Les Prisonniers du Temps (TimeLine) de Michael Crichton

Celui-là, c'est du grand Crichton. Bien au-dessus des "Prey", "Airframe" et autres "The Great Train Robbery". Du niveau de "Jurassic Park", et on peut dire ce que l'on veut sur la crédibilité scientifique de Crichton, mais écrire des aventures extraordinaires en leur donnant des bases crédibles, il le fait superbement bien.

TimeLine débute sur un site de fouilles archéologiques, avec une équipe qui déblaye les ruines d'un monastère, d'un manoir, d'une forteresse médiéave, d'un moulin sur une rivière... et s'étonne que leur généreux sponsor semble mieux informé qu'eux sur la configuration des lieux. Et lorsqu'ils découvrent à l'intérieur d'une salle scellée un message du professeur qui encadre leur travail, en fait un appel au secours écrit sur un parchemin vieux de presque 650 ans... ils sont 4 à confronter le sponsor et à exiger des réponses.

Il s'agit d'une machine à voyager dans le temps... et il leur revient de remonter le temps eux aussi pour aller porter secours au professeur. Equipés de pied en cap, Marek, Kate et Chris se retrouvent à leur tour en 1357, pris au milieu d'un affrontement entre un Seigneur Anglais et un Seigneur Français, avec 36 heures maximum à leur disposition pour revenir dans le présent.

Ce qui est fascinant, au delà des péripéties de l'aventure en elle-même, c'est la confrontation de spécialistes "universitaires" du Moyen Âge avec l'objet de leurs études et de leurs fouilles. Ils sont brutalement plongés dans un univers de brutalité, de force brute, de vitesse, un mode dans lequel la vie humaine a finalement peu de prix. Ils vont assister à des carnages, être plongés dans l'horreur, devoir tuer pour éviter d'être décapités sans merci, et ce Moyen Âge va les pousser bien au-delà de leurs limites.

Et comme pour tout voyage dans le temps, en filigrane se pose aussi l'obligation de n'aider aucune des forces en présence, sous peine de bouleverser dramatiquement l'issue de la guerre de cent ans, leur histoire personelle... et l'Histoire (avec un grand "H").

Superbement documenté sur ses sujets, autant le côté médièval que la physique quantique, Crichton déroule une superbe intrigue, rythmée par des révélations et des retournements de situation, à la fois dans le laboratoire du sponsor mégalomane et à Castelguard en 1357. A lire et relire, surtout si comme moi, c'est une époque qui vous plaît.

Voir ma critique du film.

mardi 19 juin 2007

National Geographic: Guide Pratique de la Photo

Je prends quelques minutes pour partager avec vous un livre que j'ai depuis quelques années, mais qui n'est jamais très loin... j'aime le feuilleter régulièrement pour y piocher ici un conseil technique et là une idée de composition.

La première partie du livre, ce sont des principes de base de la photo: la vitesse, l'ouverture, l'évaluation de la lumière, la composition, la profondeur de champ, les objectifs, les focales, etc. On y trouve également des tableaux qui permettent d'estimer ces paramètres suivant le résultat que l'on veut obtenir, par exemple figer un athlète dans sa course, ou au contraire suggérer son mouvement. Tout est expliqué très simplement, avec de nombreuses illustrations des résultats. C'est idéal pour débuter dans la photgraphie, se remettre en tête de grand principes, ou se documenter avant un "shoot" particulier, si par exemple vous allez photographier un rallye alors que vous êtes un spécialiste des portraits.

La seconde partie est thématique: l'on y adresse les animaux, les gens, les paysages, les fêtes, la macro, la nuit, le milieu sous-marin, les prises de vues aériennes... chaque situation est illustrée par un photographe de National Geographic qui présente ses meilleurs photos sur le sujet concerné, les conditions dans lesquelles elles ont été prises, ainsi que ce qu'il a voulu faire passer comme émotion ou comme message. Ledit photographe livre également ses conseils et ses astuces pour son domaine de prédilection, et c'est fort instructif.

Un livre à lire une première fois et à consulter régulièrement pour ceux qui, comme moi, aiment la photo dans sa diversité et sa globalité.

mercredi 13 juin 2007

Petites Embrouilles et Pieux Mensonges (Asking For Trouble), de Elizabeth Young

Un peu de légèreté dans ce monde de brutes... une comédie romantique et pétillante, ça vous fait en un rien de temps beaucoup de bien par où ça passe.

Sophy a trente ans et se débrouille fort bien de son célibat. Le souci, c'est sa maman très bien intentionnée qui n'a de cesse que de voir sa progéniture casée pour qu'on lui offre, enfin, des petits enfants. Second souci, Belinda, sa petite soeur, qui va se marier, elle, avec un homme charmant. Le gendre idéal, riche, intelligent et qui semble connaître par coeur tout le manuel de l'homme parfait. Sophy, qui s'était inventée un petit ami pour ne plus subir de pressions de la part de sa maman, est sommée d'amener ledit Dominic au mariage. Plutôt que d'avouer son mensonge (I-M-P-O-S-S-I-B-L-E!!), Sophy embauche Josh, un escort boy, pour le jour fatidique.

Malgré les scrupules et les obsessions d'une Sophy persuadée que tout va tourner à la catastrophe, Josh endosse le rôle de Dominic à la perfection, Sophy le trouve irrésistible, et sa maman ne pense plus qu'à les marier. Ajoutez là-dessus l'irruption de Kit, qui a brisé le coeur de Sophy à une époque, un coup de fil du vrai Dominic, les mensonges par omission de Josh, et le colocataire de Sophy qui se fait passer pour son petit ami. Saupoudrez de jalousie, de quiproquos, de tempêtes de neige, d'instants manqués, de châteaux hantés et de désir... et promis, vous passerez un bon moment. (Si vous êtes une femme, bien sûr. C'est pas du tout un livre pour les hommes. Du tout.)

vendredi 08 juin 2007

La Collection Mills and Boons

Il y a quelques temps, un collègue anglais me demandait quel livre je pourrais conseiller pour sa maman, qui n'a toujours lu que des Mills and Boons (l'équivalent de notre collection Harlequin). Je lui ai fait une petite liste, avec en tête les livres de Mary Higgins Clark dont les personnages principaux sont Alvirah et son mari, deux sexagènaires qui ont gagné à la loterie et s'improvisent détectives pour défendre la veuve et l'orphelin (sa maman a adoré!).

Mais pour le fun, j'ai tout de même avoué à ce collègue que j'avais moi même une petite collection de Mills and Boons... ce qui l'a fait beaucoup rire. Evidemment, il n'en a jamais lu, et évidemment il était horrifié à l'idée même d'en lire. Alors petite explication de texte pour ceux qui sont dans son cas.

Ma vingtaine de Mills and Boons, je suis tombée dessus par hasard, dans une braderie. Des petits livres d'une centaine de pages, en anglais évidemment, et aux couvertures prometteuses pour qui aime la romance! Achetés pour une bouchée de pain, je me suis plongé dedans avec amusement.

Évidemment il y en a des contemporains, mais ceux que j'ai ont été écrits dans les années 70 et ils sont merveilleusement surranés. L'homme est souvent beaucoup plus vieux que la femme, l'un (ou les deux) voit leur relation comme étant de type père/fille, et ils se connaissent depuis toujours. Si ce n'est pas le cas, c'est alors qu'il se rencontrent par hasard, et dans ce cas, elle est pauvre et se débrouille seule dans la vie (scandale, elle travaille!) tandis que lui est riche et a déjà une aventure avec une autre femme (riche, de son âge, et magnifiquement sensuelle).

La demoiselle n'est jamais vraiment jolie suivant le standard de l'époque, trop grande et/ou trop mince, mais elle est gracieuse et elle a de beaux cheveux (ou de beaux yeux, parfois même à la fois de beaux yeux et de beaux cheveux). Elle n'est pas son genre de femmes, trop de caractère ou pas assez, mais il est inexpliquablement attiré par elle. Lui est soit Italien, soit Grec, ou éventuellement Gallois (le type sauvage et buriné), mais il conduit invariablement une voiture de sport. Si ses parents à elle sont encore en vie, son père fait confiance à cet homme, tandis que sa mère le désapprouve complètement.

Le baiser le plus chaste les laisse tous les deux à court de souffle, et se termine abruptement lorsque l'un, ou les deux, y met fin brutalement. Lui en expliquant qu'elle ne devrait pas se laisser aller à ce genre d'expérience parce qu'il ne sera pas toujours capable de se contrôler. Elle en se demandant ce qu'elle a fait de mal et si elle va aller en enfer parce qu'elle a pris du plaisir à ce baiser (sa mère lui a dit qu'elle ne devrait pas) et qu'ils ne sont même pas mariés.

Parfois l'action n'est pas en Angleterre, ni en Grèce, ni en Italie... mais en Australie, en Nouvelle Zélande, en Afrique du Sud... et l'on a le plaisir de découvrir la vie d'une plantation de bananes ou d'un village minier, et d'être confronté à des périls aussi variés que des tempêtes de sable, des courants marins insoupçonnés ou des guépards avides de chair fraîche. Evidemment, dans ces contrées sauvages, il lui sauve la vie à un moment ou à un autre.

Bref, il faut aimer la romance, mais heureusement, l'homme fait rarement la cour de façon tout à fait traditionelle. Parfois il enlève sa belle pour la soustraire à la (déplorable) influence de sa maman, parfois il la rend jalouse, parfois il a recours à d'autres stratagèmes délicieusement retords (chantage et autres délicatesses). Une chose est constante: le happy end.

Site Officiel: http://www.millsandboon.co.uk/

samedi 02 juin 2007

Whiteout (Peur Blanche) par Ken Follett

Le dernier Ken Follett en date... je dois avouer que c'est un auteur que j'aime bien, mais qu'à chaque fois que je lis un livre de lui, je ne peux pas m'empêcher d'être tout de même déçue. J'ai toujours espoir de retrouver la qualité de "Pillars of the Earth" (Les Pilliers de la Terre), le premier de ses romans que j'ai lu, et qui est vraiment brillant.

Whiteout, c'est bien. Il s'agit presque d'un huis-clos, sur 48 heures, si on excepte l'épilogue. Unité de temps et unité de lieu, donc, et pour un thriller, un roman à suspense, c'est plutôt intelligent. Nous avons donc des truands à la solde de terroristes qui dérobent un virus extrèmement virulent dans un centre de recherches. Une tempête de neige les empêche de fuir aussi vite que prévu, et la chasse à l'homme s'organise pour les arrêter.

Malgré quelques longueurs, l'intrigue est plutôt bien menée, et la traque ne connaît pas de temps morts. Je n'ai pas été très convaincue par les second-rôles, caricaturaux pour certains, mais on reconnaît bien la "patte" de Follett, en particulier dans son traitement de l'adolescence, quand il transcende des ados rebelles pour en faire des héros malgré eux. C'est quand même un peu dommage de rencontrer pêle-mêle le flic à l'amour propre meurtri, le journaliste avide d'audience, la grand-mère marieuse, le mari adultère, l'avocate inflexible, l'amoureux de la nature, le couple gay, le veuf toujours amoureux de sa femme, le fils ingrat, l'ex-femme irrrascible, la jeune femme amoureuse de son chef et la lesbienne libérée.

Ceci dit, c'est un livre qui se lit très bien, qu'on ne pose pas facilement, agréablement écrit, et bien documenté sur son sujet... sans toutefois en faire trop. Les explications sont clairement données pour étayer le sujet plus que pour faire du lecteur un spécialiste en recherche virale ou sécurisation d'un bâtiment... et on ne peut pas en dire autant de tous les auteurs!

jeudi 31 mai 2007

Les Piliers de la Terre (Pillars of the Earth) par Ken Follett

Un fabuleux roman, situé en Angleterre, au Moyen-Age... le sous-titre de ma version est "the epic saga of love, passion and revenge"... l'histoire débute en 1123 par une pendaison et se termine un demi-siècle plus tard par le châtiment du Roi Henri pour l'assassinat de Thomas Beckett.

Au fil de l'agrandissement d'un village et de la construction d'une cathédrale, nous suivons les vies d'un échantillon de la population de l'époque... ouvriers, ecclésiastiques, marchands, nobles. Qu'ils soient riches, pauvres, bien ou mal intentionnés, bons ou mauvais.

Outre le fait que ce livre soit superbement documenté (Ken Follett décrit avec une incroyable justesse l'érection de la cathédrale, la prouesse technique, les métiers, les moyens, le savoir-faire) et placé dans un contexte historique juste, ce qui en fait la force, c'est le soin qui a été apporté aux personnages, et évidemment son histoire. Cette sublime saga d'amour et de haine est portée par une énigme qui grandit au fil des pages jusqu'à devenir une affaire d'état.

Mais plus important encore, chaque chapitre apporte son lot de misères, de bonheurs, d'incertitudes, d'espoir, d'horreurs, de compromis... et à chaque péripétie, l'on se demande s'ils ont enfin fini de souffrir. Parce que la justice n'existe que pour ceux qui ont les moyens de l'acheter. Le Roi n'écoute que ses courtisans et ne fait que ce qui sert ses intérêts. Les nobles ne pensent qu'à leur prestige. Le clergé a soif de pouvoir. Les viols, les meurtres, les vols, les actes criminels sont monnaie courante. Mourir de faim ou de froid également. La loi du plus fort l'emporte souvent.

jeudi 24 mai 2007

Casino Royale de Ian Fleming

Déjà, dés les premières lignes, on sent que le livre n'est pas tout jeune: (1) parce que la devise est l'ancien franc, et (2) parce que les féministes ont tout de même bien fait bouger les choses. Je ne vais pas écrire que je me suis indignée en lisant certains propos de James, mais il y aurait à redire!

"Women were for recreation. On a job, they got in the way and fogged things up with sex and hurt feelings and all the emotional baggage they carried around. One had to look out for them and take care of them."

"He was quite honest to himself about the hypocrisy of his attitude towards her. As a woman, he wanted to sleep with her, but only when the job had been done."

"He gazed for a moment into the mirror and wondered about Vesper's morals. He wanted her cold and arrogant body. He wanted to see tears and desire in her remote blue eyes and to take the ropes of her black hair in his hands and bend her long body back under his."


Ensuite, c'est bel et bien le premier opus des aventures de Bond. On y découvre de quelle manière il a obtenu son "00", son permis de tuer. On y découvre aussi la recette de son cocktail favori.

" 'Three measures of Gordon's, one of Vodka, half a measure of Kina Lillet. Shake it very well until it's ice-cold, then add a large thin slice of lemon-peel. Got it?'
'Certainly, Monsieur.' The barman seemed pleased with the idea.
'Gosh, that's certainly a drink' said Leiter.
Bond laughted. 'When I'm ... er... concentrating,' he explained, 'I never have more than one drink before dinner. But I do like that one to be large and very strong and very cold, and very well-made. I hate small portions of anything, particularly when they taste bad. This drink's my own invention. I'm going to patent it when I can think of a good name.'
He watched carefully as the deep glass became frosted with the pale golden drink, slightly aerated by the bruising of the shaker."


Et enfin, c'est vrai que le film Casino Royale reprend intégralement certaines scènes du livre, en particulier l'air des bijoux, mais aussi la convalescence... et que la demoiselle (agent double forcée pour sauver la peau de celui qu'elle aime) se suicide.

Par contre, pas de camp de rebelle (et pour cause, les méchants sont encore les Russes en cette période de guerre froide), pas d'Afrique, pas de Caraïbes, pas non plus de Venise. Le livre débute alors que James est déjà au Casino, prêt à jouer contre Le Chiffre. Pas d'Aston Martin, James roule dans une puissante Bentley, qui lui appartient et qu'il bichonne amoureusement depuis 10 ans. Et c'est au Baccarat que se jouent les millions au Casino. Très traditionellement, c'est une sorte de parapluie hongrois qui manque de peu James alors qu'il est dans sa période de chance au jeu... et un tapis à pointes métalliques déroulé depuis la voiture des bandits (et ré-enroulé ensuite, c'est de la haute technologie!) qui envoie la Bentley de James dans le décor.

Mais pour moi, la plus grosse différence, c'est quand même l'attitude de Bond envers Vesper. Le film est diablement plus romantique. Parce que si dans le livre Bond est prêt à démissionner (parce qu'il a eu les foins de perdre sa virilité) et même s'il demande Vesper en mariage, jamais il ne se dit amoureux d'elle. Et quand il découvre qu'elle est un agent double, dans une lettre qu'elle lui laisse pour expliquer son geste, il ne la voit plus qu'en temps qu'espion, et relègue aux oubliettes ce qu'ils ont partagé. Lorsqu'il parle d'elle, c'est avec le terme "bitch". Un homme charmant, vraiment ;)

Voir ma critique du film.

mardi 22 mai 2007

State of Fear par Michael Crichton

Bizarrement, bien que ce Crichton-là traite d'éco-terrorisme, et soit donc à priori plus crédible que le voyage dans le temps, la naissance de dinosaures ou les essaims de mini-robots qui se reproduisent, je l'ai trouvé plus tiré par les cheveux. Comme quoi, faut pas se fier aux apparences.

On a donc un mécène qui se rend compte que son argent généreusement donné à une organisation pour la sauvegarde de l'environnement est peut être mal employé. Ledit millionnaire arrête de signer les chèques et s'ensuit une course contre la montre, ou plutôt contre les élèments, pour stopper des catastrophes écologiques à l'échelle de la planète. Dommage que nos héros soit si infatiguables, cela nuit un chouia à la crédibilité.

Cela reste du bon Crichton, avec du suspense et des rebondissements à foison, et extrèmement bien documenté sur le sujet du réchauffement de la planète. Si vous n'y êtes pas allergique, foncez!

Je ne sais pas comment elle fait (I don't know how she does it) de Allison Pearson

... voilà un livre que j'ai adoré... à conseiller fortement aux mamans qui travaillent et qui essaient, malgré tout, d'être la meilleure maman du monde.

C'est un livre drôle, la vie au jour le jour d'une femme qui aurait besoin de journées d'au moins trente heures, ou d'apprendre à se passer de sommeil. D'une femme qui a chaque jour une liste longue comme le bras de choses URGENTES! et INDISPENSABLES! à faire pour son bien-être, pour celui de ses enfants, de son mari, et qui se bat pour en plus conserver son travail dans un milieu machiste. Une femme qui doit gèrer l'égo de sa baby-sitter, ménager celui de son mari qui ne fait pas bouillir la casserole, composer avec celui de ses collègues, et oublier le sien. Une femme à qui l'on dit sans arrêt de ralentir, d'en faire moins, mais qui a le sentiment que si elle le fait, la terre arrêtera de tourner, parce que non, les autres ne font pas la moitié de ce qu'ils devraient faire. Une femme qui n'a pas envie de faire des compromis, ni d'abandonner son exigence de perfection. Certains passages sont terriblement tristes, lorsque parfois Kate se décourage ou ouvre les yeux sur sa vie de mère et de femme.

Notre héroïne va lever le pied, mais je vous laisse découvrir comment. La fin est pleine d'espoir, inattendue, souriante. J'ai eu envie de lui faire un clin d'oeil et de lui dire que j'étais heureuse pour elle.

Je ne résiste pas à vous livrer cet extrait de la dernière de couverture de l'édition que j'ai sous les yeux: "Avant même d'être assez grande pour comprendre ce qu'être une femme voulait dire, j'avais déjà compris que le monde des femmes était divisé en deux : il y avait les mères convenables, qui se sacrifiaient à la pâtisserie des tartes aux pommes, vigilantes et impeccables prêtresses de la machine à laver et de l'essoreuse, et il y avait les autres. A l'âge de trente-cinq ans, je sais exactement à quel groupe j'appartiens, et je suppose que c'est pourquoi, en ce petit matin du 13 décembre, je suis en train de frapper des tartelettes aux fruits confits avec un rouleau à pâtisserie pour les faire ressembler à celles que faisait ma mère. Avant, les femmes avaient le temps de faire des tartelettes et étaient obligées de simuler leurs orgasmes. Aujourd'hui, nous réussissons les orgasmes mais nous sommes obligées de simuler les tartelettes. "

The devil wears Prada (Le Diable s'habille en Prada) de Lauren Weisberger

Bon, je suppose que tout le monde a entendu parler du film avec Meryl Streep et Anne Hathaway... p'têt même que vous l'avez vu, mais ce n'est pas mon cas. Fidèle à l'adage qui dit qu'un film n'est jamais aussi bon que le livre dont il est issu, je viens de le lire...et je suis un petit peu déçue. Oh, le livre n'est pas mauvais en soi, mon souci, c'est qu'il est un copier/coller, ou presque, d'un autre livre de la jolie Lauren Weisberger, "Everyone Worth Knowing" ("People or not People").

Prenez une demoiselle bien éduquée, qui travaille dur, et qui a des valeurs. Jetez-la dans un milieu où l'argent, le sexe, et l'alcool coulent à flots. Faites-la travailler 20 heures sur 24. Tournez-lui la tête en lui faisant cotoyer des célébrités. Obligez-la à délaisser ses amis, sa famille, son petit ami si elle en a un. Renouvelez-lui sa garde-robe. Laissez macérer quelques mois. Assénez-lui un grand coup sur la tête (amie alcoolique dans le coma, collègues égocentriques et manipulateurs, pression insupportable) afin qu'elle ouvre les yeux, plaque tout, et se retrouve enfin.

L'action des deux bouquins se déroule à Manhattan, l'un dans les relations publiques, l'autre dans la mode. Evidemment les deux héroïnes sont légèrement différentes. L'une a un ami et une colocataire, l'autre un petit ami et une colocataire. L'une lit des romans harlequins tandis que l'autre voudrait écrire pour "The New Yorker". Par contre, elles exercent toutes les deux le même métier au final... je vous laisse deviner lequel!

Bref. Ces deux livres sont de bons divertissements, construits sur un bon rythme, plutôt drôles, et bourrés de référence sympathiques à Manhattan. Et si vous avez de l'argent à jeter par les fenêtres, notez les adresses des restaurants, boutiques et night-clubs.

PS: "Everyone worth knowing" est moins caustique que "The devil wears Prada"... plus drôle, tout simplement.

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