Mad Men, c'est une splendide fresque des années 60... j'ai suivi la première saison en dilettante, sans être réellement convaincue, mais sans pour autant avoir envie de décrocher. Bien m'en a pris, ces derniers épisodes (j'entame la saison 3) sont délicieux. Les personnages principaux ont gagné en profondeur, les secondaires existent enfin par eux-mêmes... et tout cela permet d'apprécier à sa juste valeur cette vision du quotidien dans une agence de pub qui invente au jour le jour ce qui deviendra le marketing produit.

L'inégalité hommes-femmes, la lutte des classes, la ségrégation, l'alcool qui coule à flots dans les bureaux, la cigarette omniprésente, la séduction, l'homophobie, la pollution... difficile d'imaginer que finalement notre système de valeurs a tant changé en quelques dizaines d'années.

Petite scène vue hier soir... finalement très représentative de Mad Men. C'est plein de fraîcheur, non, ce couple qui danse? Une petite séquence juste pour le plaisir des yeux? En fait, même si j'adorerais savoir danser avec autant de talent, c'est évidemment les spectateurs qui sont les plus intéressants. Il y a Don et Betty, qui ne dansent pas alors qu'elle aimerait danser mais choisit de dire qu'elle n'en a pas envie. Il y a Roger et Jane qui ne dansent pas même si c'est leur soirée (est-il trop vieux, est-elle trop jeune?). Il y a Harry qui ne se sent pas à la hauteur et qui laisse tomber sa femme. Il y a Ken, le célibataire endurci dans une société où la femme joue un rôle primordial de mise en valeur de l'homme. Et il y a Pete et Trudy, en parfaite harmonie sur la piste de danse: jeunes, beaux, issus de familles aisées, et parfaitement à l'aise dans les mondanités...